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Le turnover des dirigeants d’entreprise atteint un niveau record

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dirigeants17% des 2.500 plus grandes entreprises cotées en bourse à travers le monde ont changé de dirigeant en 2015, un chiffre record depuis 16 ans.

Selon l’étude « CEO Success » de Strategy&, l’activité de conseil en stratégie de PwC, 17% des 2 500 plus grandes entreprises cotées en bourse à travers le monde ont changé de dirigeant en 2015, ce qui constitue un record depuis 16 ans.

De plus en plus d’entreprises choisissent de nommer un dirigeant "outsider "

Même si la majorité des entreprises continue à nommer des CEO appartenant à la société (insiders), elles sont de plus en plus nombreuses à choisir leur nouveau dirigeant en dehors de leurs propres rangs dans le cadre d’une succession planifiée.
En effet, le recrutement d’un outsider a représenté 22% de l’ensemble des nouvelles nominations de CEO effectuées dans le cadre d’une succession programmée entre 2012 et 2015, contre seulement 14% sur la période 2004-2007. Et près des trois quarts de ces outsiders ont été nommés dans le cadre d’une succession planifiée entre 2012 et 2015, contre 43% entre 2004 et 2007.

D’après Pierre Péladeau, associé Strategy&, l’activité de conseil en stratégie de PwC : "Pour un poste de directeur général, le recrutement externe était autrefois considéré comme une solution de dernier recours. Ce n’est plus le cas aujourd’hui en raison des grands bouleversements du marché auxquels les entreprises doivent désormais faire face. Même si un candidat interne peut avoir un excellent palmarès dans la réalisation des objectifs qui lui ont été confiés par le passé, les conseils d’administration sont conscients qu’il n’a pas forcément les aptitudes requises pour mener l’entreprise à travers les transformations nécessaires pour sa réussite future.
Les conseils d’administration suivant un plan de succession bien réfléchi doivent avoir un vivier de candidats internes prometteurs. Mais quand leur entreprise a besoin de procéder à de grandes transformations tant stratégiques qu’opérationnelles, l’option du recrutement externe doit être prise en considération. Les recrues externes n’ont ni idées préconçues, ni engagements accumulés au fil des ans, ce qui leur permet de procéder aux changements avec plus d’agilité et d’objectivité. Ces dirigeants sont également susceptibles d’envisager l’entreprise d’un point de vue plus large, d’après leur compréhension des besoins de l’économie de demain.
Mais qu’elles recrutent leur nouveau dirigeant en interne ou en externe, les entreprises ayant le plus soigneusement planifié la succession de leur CEO sont aussi celles qui ont le plus de chances de performer d’une façon générale."

En France, sur les 23 nominations à la tête de grands groupes français, effectuées entre 2012 et 2015, plus du tiers des nouveaux dirigeants ne sont pas issus des rangs de l’entreprise qu’ils dirigent aujourd’hui. Cette tendance est en forte croissance depuis plusieurs année : 39% des dirigeants nommés entre 2012 et 2015 étaient des outsiders, soit deux fois plus que sur la période 2004-2007 (18%).

Par ailleurs, 95% des CEO qui ont pris position sont Français et encore un parcours professionnel très national : un peu plus de la moitié d’entre eux seulement (52%) a développé une carrière internationale.

Les secteurs qui connaissent le plus de transformations aujourd’hui sont aussi ceux ayant nommé le plus grand nombre d’outsiders au cours des dernières années. C’est le cas notamment des télécommunications où 38% des dirigeants recrutés entre 2012 et 2015 étaient étrangers à l’entreprise, mais aussi des services publics (32%), de la santé (29%) et de l’énergie (28%). À l’opposé, la part des recrutements externes est au plus bas dans les secteurs de l’informatique (15%), des matériaux (19%), de la distribution et des produits de consommation (19%) et de l’industrie (21%).

D’un point de vue géographique, entre 2012 et 2015, les entreprises ayant leur siège en Europe occidentale ont été près de deux fois plus nombreuses que leurs homologues d’Amérique du Nord à nommer des outsiders au poste de CEO (30% contre 18% respectivement).

De moins en moins de femmes parmi les nouveaux dirigeants d’entreprise

Au niveau mondial, la part des femmes parmi les dirigeants d’entreprise nouvellement nommés est tombée à moins de 3%, son plus bas niveau depuis 2011. Sur les 359 nouveaux CEO de la promotion 2015, seuls 10 étaient des femmes.

Le bilan est encore plus mauvais aux États-Unis et au Canada, où la part des femmes a baissé pour la troisième année, atteignant son plus bas niveau historique depuis le lancement de l’étude en 2000. Sur les 87 nouveaux dirigeants d’entreprise nommés dans ces deux pays au cours de l’année écoulée, un seul était une femme (soit environ 1%, contre 4% en 2014 et plus de 7% en 2012). Pourtant l’Amérique du Nord reste la région qui a nommé le plus de dirigeantes d’entreprise au cours des 12 dernières années, avec un total de 4% de femmes recrutées, contre 2,3% en Europe occidentale.

Arnaud Dumourier (@adumourier)