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Fusions & Acquisitions : une année record pour les opérations stratégiques

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fusions-acquisitionsL'année 2015 des fusions acquisitions a été marquée par des records, comme le révèle le dernier rapport M&A Insights d'Allen & Overy.

Selon le dernier rapport M&A Insights d'Allen & Overy, dans l'ensemble, le montant des opérations est de 22 % supérieur à celui de l'année dernière. Il atteint au total 4 mille milliards de dollars, un niveau sans précédent, alors que les volumes continuent de diminuer (de près de 13 % sur l'année). Environ un tiers de l'ensemble des opérations effectuées cette année a impliqué plusieurs pays, soit le même pourcentage qu'en 2014. Les secteurs les plus actifs en matière de fusions-acquisitions sont les TMT et les sciences du vivant. En termes de valeur, ils ont représenté respectivement 25,7 % et 21 % des opérations.

Les opérations en 2015 ont été en général de nature stratégique. Ce sont les Etats-Unis qui arrivent en tête de liste : avec des opérations totalisant plus de 5 milliards de dollars, ils ont participé à 81 (soit 62%) des 131 opérations valorisées à plus de 5 milliards de dollars et ont clôturé l'année sur deux remarquables opérations : le projet de fusion entre Pfizer et Allergan pour 160 milliards de dollars, qui représente la plus grosse opération de l'année, et le projet de fusion entre DuPont et Dow Chemical pour 130 milliards de dollars.

Pour Frédéric Moreau, associé M&A d'Allen & Overy Paris : "Depuis toujours, les Etats-Unis dominent le marché des fusions-acquisitions. La confirmation de cette tendance dans un environnement marqué par plusieurs méga-opérations n'a donc rien d'étonnant."

Les conditions économiques favorables et la disponibilité de solutions de financement abordables constituent évidemment de robustes leviers pour l'activité fusions-acquisition. Ces opérations sont le plus souvent motivées par la réalisation d'économies et de gains de productivité. Les opérations de fusions-acquisitions sont également considérées comme une tactique de défense, surtout dans des secteurs confrontés à des ruptures comme les prestataires de services énergétiques, sous pression en raison de la chute des prix des matières premières. Parmi les autres facteurs figurent l'activisme des actionnaires, qui reste un important catalyseur de fusions-acquisitions, et les programmes de privatisation menés par plusieurs gouvernements dans le monde.

Pour la première fois cette année, l'Asie est plus active que l'Europe occidentale en matière de fusions-acquisitions. Ce dynamisme est dû aux acquisitions effectuées par les entreprises chinoises à l'étranger. Les grandes marques et les acteurs technologiques représentent des cibles particulièrement attrayantes, offrant une opportunité de déplacer des marchés de consommation et de ramener l'expertise en Chine. Cette tendance s'appuie également sur la détermination des autorités chinoises à intensifier la diversification de leur économie.

L'année écoulée a été marquée par un nombre inédit d'opérations de plusieurs milliards. Mais l'analyse est incomplète si l'on considère les valeurs indépendamment des volumes.

 "Si la valeur totale des opérations réalisées en Europe est inférieure à celle enregistrée sur le marché américain, la situation est bien différente en termes de volume ; sur ce plan, l'Europe occidentale devance systématiquement les Etats-Unis et 2015 n'a pas fait exception à la règle", explique Frédéric Moreau.

La grande question est de savoir si le taux d'activité sur le marché des fusions-acquisitions battra de nouveaux records en 2016, que ce soit en termes de valeur ou de volume. Pour Allen & Overy, il y aura certainement d'autres méga-opérations de fusion & acquisition l'année prochaine.

"La confiance des administrateurs dans ce genre d'opérations ne semble pas fléchir ; les liquidités et les options de financement sont aisément accessibles et les conditions économiques sont favorables aux opérations de F&A. Cependant, compte tenu de la diminution générale des volumes, il appartiendra aux sociétés de réaliser plus d'opérations de transformation pour préserver les niveaux record de F&A actuels," a poursuivi Frédéric.

En 2015, les événements macro politiques et économiques n'ont apparemment pas déstabilisé le marché des F&A autant qu'on aurait pu le craindre, ce qui atteste sans doute de la solidité de la confiance des administrateurs ou de la résilience accrue des entreprises et des marchés à des facteurs externes. Il sera intéressant de voir comment les marchés de F&A résisteront à la menace croissance du terrorisme international, au référendum britannique et aux hausses imminentes des taux d'intérêt aux Etats-Unis.

Ce qui est sûr en revanche, c'est la probabilité d'assister à plus d'opérations de F&A de taille moyenne en 2016. L'un des effets secondaires de l'explosion des opérations stratégiques obligera en effet les sociétés à revoir la composition de leurs portefeuilles et à se débarrasser d'actifs non essentiels. Dans pareil scénario les fonds de PE se porteront sans doute massivement acquéreurs.