Elections ordinales Paris 2020 : interview d'Anne-Laure-Hélène Lefort Des Ylouses et Grégory Saint-Michel

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Le Monde du Droit a interrogé Anne-Laure-Hélène Lefort Des Ylouses  et Grégory Saint-Michel, candidats au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris pour le mandat 2020-2022.

Pourquoi vous présentez-vous ? 

Nous avons la conviction profonde que la profession d'avocat a plus que jamais besoin d'être rassemblée et ouverte sur l'extérieur pour être performante et affronter les nouveaux enjeux auxquels elle est confrontée.

Nos expériences d'avocats sont complémentaires. Elles nous ont permis de réaliser, lors de nos échanges, que venant de deux familles d'avocats différentes, l'un pénaliste et avocat en droit social et l'autre en droit de la concurrence, que nous avons beaucoup à proposer ensemble, unis et réunis autour de nos valeurs, de notre déontologie et de notre serment.

C'est donc la volonté de partager la complémentarité et la vision de nos deux parcours qui nous conduit aujourd'hui à proposer à nos confrères et nos consœurs de nous mettre au service de toute la profession.

Nos mots d'ordre sont l'engagement, l'écoute, l'ouverture et le rassemblement.

Nous souhaitons ainsi contribuer à porter la voix de tous les confrères au sein de la société, créer du lien social et défendre sans relâche le respect des libertés fondamentales.

Notre candidature commune vise à refléter la nécessité d'un Barreau solidaire dans lequel tous les avocats inscrits se retrouvent, femmes et hommes, qu'ils exercent individuellement, collaborateurs ou associés, dans des associations de moyens, dans des structures entrepreneuriales ou dans des cabinets d'affaires.

Quels sont les principaux axes de votre programme ? 

Parmi les initiatives que nous souhaitons faire valoir il est selon nous nécessaire de mettre en avant les vertus de l'égalité professionnelle, les spécificités de notre profession réglementée qui constituent notre force, le rassemblement autour de notre avenir commun et le renforcement du dialogue entre confrères et avec nos interlocuteurs du monde judiciaire.

Nous croyons sincèrement en l'égalité professionnelle dans toutes ses dimensions. L'avenir de la profession d'avocat se joue aussi sur le terrain de la complémentarité femme – homme et sur les progrès à accomplir dans le déroulement de la carrière dans le mode de rémunération, de même que dans la mobilité de chaque confrère dans ses modes d'exercice.

Nous avons la conviction qu'une déontologie effective passe par une autorégulation sans concession, dans le respect de nos principes et de notre éthique. 

Le secret professionnel est un des principes essentiels de notre profession et l'une de nos valeurs cardinales. 

Le recours d'un justiciable à un avocat est guidé essentiellement par la confiance que lui porte ce premier. 

Cette confiance ne peut se traduire que par le secret professionnel, apanage de la profession d'avocat tant dans l'exercice de la défense de son client que dans son activité de conseil.

Nous sommes également convaincus que la réglementation de notre profession est un atout face à l'intensification concurrentielle sur le marché du droit, du fait notamment de la révolution technologique à laquelle nous sommes tous confrontés. 

Nous avons tous deux pleinement conscience qu'un des enjeux à venir est de parvenir à trouver le modèle économique qui doit permettre à chaque avocat d'avoir un exercice professionnel pérenne.

A l'heure où tant de nos confrères, dans une période anxiogène, s'interrogent sur leur avenir dans la profession, il nous semble indispensable de participer aux efforts de notre Barreau pour permettre à tous nos jeunes confrères de se former et de s'intégrer mais aussi et surtout de développer les initiatives du barreau entrepreneurial pour conquérir de nouveaux marchés du droit, et de revendiquer à la place de Paris, tant au niveau national et international, le prestige et la compétence qui lui reviennent. 

Quels dysfonctionnements observez-vous au sein de l’Ordre et que proposez-vous comme solutions ? 

Si le Conseil de l'Ordre est souvent perçu comme distant voire inaccessible, nous voulons œuvrer à un rapprochement de chaque confrère de son Barreau, ce qui nécessite de travailler sur la proximité de ses représentants que sont les membres du conseil de l'Ordre à l'égard de tous les confères.

Cela passe également par une défense renforcée de la profession face aux pouvoirs publics pour que les avocats soient mieux connus et mieux compris, et ainsi mieux accompagnés quand cela s'avère nécessaire comme cela a été le cas pour de nombreux confrères du fait de la crise sanitaire.  

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ? 

Nous sommes tous deux expérimentés étant des praticiens de nos matières respectives depuis plus de 20 ans, motivés à partager avec nos confrères nos expertises et nos talents au service de la robe. 

Nos expériences sont complémentaires et nous formons ainsi un binôme représentatif d'une large partie des avocats parisiens, des cabinets d'affaires aux indépendants, des avocats au service des particuliers comme des entreprises et qui connait bien les institutions représentatives de notre profession.

Enfin, nous sommes l'un et l'autre très attachés à notre indépendance et à nos principes.

Propos recueillis par Yannick Nadjingar-Ouvaev

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