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Christine Lenis, Counsel, Bredin Prat : « Il ne faut pas surtout pas oublier d’inculquer à nos jeunes avocats les principes et formations de base qui demeurent nécessaires afin de devenir un excellent avocat »

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Le Monde du Droit a interrogé Christine Lenis qui vient d'être cooptée Counsel au sein de l’équipe Corporate de Bredin Prat.

Selon vous, qu'est-ce qui a présidé à votre cooptation ?

Le cabinet Bredin Prat a toujours compris que la diversité est un atout et que les avocats parlant des langues différentes ou formés dans des pays étrangers pouvaient grandement contribuer à l’évolution du cabinet. Ayant grandi à Montréal, Québec, je suis parfaitement bilingue (en anglais et en français) et j’ai aussi eu la grande chance d’évoluer comme avocate dans un pays bi-juridique, parce que le droit civil est le droit commun du Québec et la common law celui du reste du Canada. Ainsi, en combinaison avec mon expertise en matière d’opérations de fusions et acquisitions, je crois que ma formation et mon parcours typiquement canadiens sont appréciés par le cabinet Bredin Prat qui conseille régulièrement des clients provenant de juridictions diverses sur des opérations qui contiennent de plus en plus un volet international.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours ?

Après avoir obtenu un diplôme en relations internationales et sciences politiques, je souhaitais vivement devenir avocate en droit international public. C’est avec cette idée en tête que j’ai entamé des études de droit. Mais après quelques années d’études, et surtout grâce à des professeurs de droit des affaires très inspirants, j’ai développé un grand intérêt en droit des affaires et j’ai décidé de réorienter ma carrière. C’est ainsi qu’à la fin de mes études, j’ai commencé ma carrière au sein du cabinet du droit des affaires Davies Ward Phillips et Vineberg à Montréal comme stagiaire, puis comme collaboratrice et finalement comme associée dans le groupe corporate en y développant une spécialisation en fusions et acquisitions et marchés de capitaux. Il y a presque deux ans, je souhaitais relever un nouveau défi, tant professionnel que personnel, et vivre à Paris. C’est ainsi que mes associés à Montréal m’ont conseillé de considérer Bredin Prat, cabinet que nous avions souvent croisé sur des opérations transfrontalières et dont la réputation était incomparable.

Qui a le plus influencé votre carrière ?

S’il n’y a pas une personne en particulier qui me vient à l’esprit, je peux vous affirmer que ce sont mes collègues femmes qui ont le plus influencé ma carrière. Celles-ci m’ont démontré qu’une femme peut effectivement avoir une superbe carrière enrichissante en droit des affaires et que le plafond de verre sur la carrière et l’avancement des femmes n’est pas infranchissable. Ces collègues sont devenues de superbes mentors et sponsors qui m’ont encouragées et guidées tout au long de ma carrière… et je tiens beaucoup à reproduire pour la prochaine génération d’avocats le mentorat qu’elles m’ont offert.

Quel est votre meilleur souvenir dans votre carrière ?

J’en ai beaucoup et il est difficile pour moi d’en choisir qu’un seul. Si je devais en retenir un spécifique, je dirais que c’est lorsque j’ai travaillé sur mon premier et unique dossier de premier appel public à l’épargne pour une société montréalaise cotée en bourse depuis 2015. Depuis mes études de droit, j’avais toujours rêvé de travailler sur un IPO. Or, depuis la crise financière de 2008, les IPOs canadiens ne sont pas très nombreux. J’étais très fière d’avoir eu la chance d’accompagner cette importante société canadienne dans un des rares IPO d’envergure importante au Canada durant les dernières années.

Quels sont vos domaines de compétences ?

Je pratique le droit des fusions et acquisitions de sociétés cotées et privées, surtout dans le cadre d’opérations internationales. Je conseille également des clients sur des questions générales de droit commercial. Au Canada, j’ai aussi pratiqué le droit des marchés des capitaux qui m’a aussi conduit vers des dossiers de private equity sur lesquels je travaille de plus en plus.

Qui conseillez-vous ?

J’ai la chance de pouvoir travailler pour une clientèle variée. Mes clients industriels proviennent d’un large éventail d’industries, notamment l’aviation, la diffusion de musique, le pétrole, le gaz naturel, le secteur minier et le commerce de détail. Je conseille également régulièrement des fonds d’investissements de différentes juridictions.

Quel est votre regard de jeune avocate sur l'avenir profession ?

Je crois que notre profession est en pleine évolution eu égard à l’impact que les développements technologiques, dont l’intelligence artificielle, commencent à avoir sur nos activités courantes. Ainsi, tant qu’il soit important de ne pas manquer les jalons technologiques majeurs qui vont former l’avenir de notre profession, il ne faut pas surtout pas oublier d’inculquer à nos jeunes avocats les principes et formations de base qui demeurent nécessaires afin de devenir un excellent avocat.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)