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Accès au droit : vers une complémentarité entre Legaltech et avocats ?

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Alors que les Legaltech fleurissent sur le marché du droit, plus de la moitié des Français estime que l’accès au droit est devenu plus difficile. C’est ce qu’affiche le premier « Baromètre pour l’accès au Droit en France »*, réalisé par Odoxa pour le Conseil national des barreaux, dévoilé lundi 20 mai.

Une grande majorité de Français préférerait se tourner vers les avocats en cas de problème juridique, en théorie. En pratique, ce n’est pas vraiment le cas. Les sites internet, payants ou non, sont les premiers relayeurs d’informations. Mais entre les deux, la confiance du justiciable se dirige plutôt franchement vers le professionnel traditionnel, celui que l’on peut rencontrer en personne. C’est ce que certifie le Conseil national des barreaux (CNB) en dévoilant sa première édition du « Baromètre de l’accès au Droit en France », réalisé par Odoxa. Les résultats ont été rendus publics à l’occasion de la semaine du Droit, lundi 20 mai 2019.

Les Legaltech répondent à des problématiques réelles …

La première idée à en retirer, c’est que pour 69% des sondés, l’accès au droit est devenu plus difficile. Selon le sondage, le problème s’explique avant tout par des délais trop importants (55%). Mais pas seulement. Le coût et le manque d’accès aux informations en seraient également la cause, respectivement pour 23% et 15% des sondés. Ces deux dernières problématiques sont pourtant les objectifs revendiqués des Legaltech. Dématérialiser, automatiser ce qui peut l’être afin de gagner un temps précieux pour le conseil. Et ces start-up s’imposent doucement sur le marché du droit. 39% des sondés affirment effectivement consulter les sites internets lorsqu’ils rencontrent un problème juridique contre 11% pour les avocats.

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... Mais souffrent toujours d'un manque de confiance

Pourtant pas moins de 54% d’entre eux ne font pas confiance aux sites web juridiques commercialisant des informations juridiques qui ne sont pas délivrées par des avocats. Mais surtout, plus de deux-tiers pensent que ces sites ne sont pas capables de leur fournir des réponses suffisantes pour résoudre leurs problèmes. Pour Christiane Feral-Schuhl, présidente du CNB, il faut y voir là « le besoin d’un label ». Elle explique : « La Legaltech promet d’aller plus loin pour moins cher mais n’offre aucune garantie ».  La collaboration entre le professionnel du droit et les Legaltech semblent alors être la bonne solution. Une solution d’autant plus adaptée aux « petits litiges ». Ceux que l’on ne peut régler par voie traditionnelle à cause d’un prix trop élevé mais qui nous dérangent au quotidien. Ceux que l’on ne peut pas régler non plus par action collective. « Pour cette catégorie de litiges, dont les questions de droit restent complexes, je pense que le modèle économique de la Legaltech est intéressant », lance la présidente du CNB. Il ne reste plus qu’à convaincre les justiciables français de la fiabilité de ces nouveaux acteurs.

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Louise Jammet

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* Le « Baromètre de l'accès au Droit en France » a été réalisé par Odoxa pour le Conseil national des barreaux. L'enquête a été effectuée en ligne du 7 au 9 mai 2019, selon la méthode des quotas, auprès d'un échantillon représentatif de 1003 Français âgés d'au moins 18 ans.