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« 2019, année de l'avenir des avocats »

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A l'occasion des vœux à la presse de la profession d'avocat, Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux (CNB), Marie-Aimée Peyron, bâtonnier de Paris et Jérôme Gavaudan, président de la Conférence des bâtonniers, ont affiché de nouveau l'unité de la profession avec, en toile de fond, la manifestation nationale contre la réforme de la justice qui se déroulera demain à Paris.

A la veille de la manifestation nationale des avocats, magistrats et greffiers, à l'occasion des vœux à la presse de la profession, Christiane Féral-Schuhl, présidente du CNB, a fait part de l'inquiétude des avocats parce que « nous avons le sentiment que principes et valeurs volent en éclat. Nous ne cessons de dire au gouvernement qu'il faut des médiateurs entre les réformes qu'ils veulent mener et les réformes qu'il nous appartient à nous de faire ». 
Pour la présidente du CNB, il  y a une « alerte forte sur les libertés publiques et des libertés individuelles ». Elle souhaite un « rééquilibrage de la politique pénale en faveur des libertés » soulignant que « le droit pénal ne soit pas être une variable d'ajustement dans notre pays ».
Marie-Aimée Peyron, bâtonnier de Paris, a abondé dans le même sens, considérant que le volet pénal est « inadmissible » et déplorant l'absence de dialogue sur la réduction des droits de la défense du justiciable et la disparition, à terme, du juge d’instruction qui est « véritablement problématique »

 « Les conditions ne sont pas remplies pour voter le projet de loi de programmation pour la justice »

En ce qui concerne la réforme de la justice, « les conditions ne sont pas remplies pour voter le projet de loi de programmation pour la justice ».
Christiane Féral-Schuhl a notamment fustigé « trois sous-amendements surprises » : le sous-amendement sur les territoires, la réforme de la justice des mineures et les nouvelles règles de notification des droits des gardés à vue.
Elle a également rappelé l'opposition de la profession à la force exécutoire du directeur de la CAF sur la révision des pensions alimentaires et au tribunal criminel départemental. 
« Les français réclament plus de justice et pourtant celle-ci n’est pas à l’ordre du jour du grand débat national. Nous considérons que c’est une erreur majeure lourde de conséquences », a-t-elle ajouté.
25.000 personnes ont signé la pétition du CNB pour demander au Président d’arrêter le processus parlementaire sur la réforme de la justice et de traiter cette question dans le cadre du grand débat national.

« Nous travaillerons à notre propre réforme de la justice »

Pour les représentants de la profession, il est temps de travailler à l'avenir des avocats. « Nous travaillerons à notre propre réforme de la justice qui est nécessaire. Nous le ferons à l’occasion des Etats généraux de l’avenir de la profession. (...). L’année 2019 sera l’année de l’avenir des avocats : une année consacrée à écrire leur avenir, à proposer, à défendre leur réforme et pas uniquement à combattre ce qu’on leur impose. », a expliqué Christiane Féral-Schuhl. 
Malgré cette « situation de tension », Jérôme Gavaudan, président de la Conférence des bâtonniers, a conclu les vœux de la profession aux journalistes sur une note positive et constructive :  « Nous ne sommes pas en crise permanente, nous avons le sourire et nous travaillons à l’avenir de la profession d’avocat, à son positionnement à l’international et en France et à son rôle social, indépendamment du projet de loi. C’est bien aussi à cela que nous travaillons, cela se voit moins mais cela se fait beaucoup.»  

Arnaud Dumourier (@adumourier)