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Espagne, la rigueur ou la faillite

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jean marc snchezLe Monde du droit publie un article de Jean Marc SÁNCHEZ dans le cadre de la conférence organisée le 17 avril 2012 par la Commission franco-espagnole de l'Ordre des Avocats à La Cour d'Appel de Paris à la Maison du Barreau.

Les 27 milliards d'euros d'économies prévus en 2012 correspondent à la charge de la dette.

Ce chiffre résume à lui seul la situation dans laquelle se trouve l'Espagne: 27,3 milliards d'euros d'économies à réaliser en 2012, soit l'équivalent environ de la charge de la dette espagnole cette année, à savoir 28,8 milliards d'euros.

Selon le ministre des Finances, Cristobal Montoro, il s'agit du «budget le plus austère de la démocratie», qui vise d'abord à regagner la confiance des marchés.

Le ministre des Finances reconnait que «la situation est tendue», alors que la dette publique de l'Espagne va passer de 68,5 % du PIB en 2011 à 79,8 % en 2012, son plus haut niveau depuis vingt-deux ans, quand elle n'était que de 36,2 % avant la crise.

De l'aveu du propre chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy «si vous ne remboursez pas, plus personne ne vous prêtera. Tout le monde sait ce qui est arrivé à certains membres de l'Union européenne. Pour que l'on vous prête il faut que l'on ait confiance en votre capacité à rembourser.»

L'allusion à la Grèce, à l'Irlande et au Portugal, sous le coup d'un plan d'aide de l'Europe et du FMI, est à peine voilée.

Le ministre de l'Économie Luis de Guindos, n'a pas dit autre chose dans un article publié par The Wall Street Journal. «D'un point de vue budgétaire, le gouvernement affronte une situation sans précédent. Quand on ne réduit pas assez le budget, les marchés vous pénalisent, mais si vous le réduisez trop, les marchés vous pénalisent aussi».

Les dangers de l'austérité, indispensable pour rétablir la crédibilité des comptes, mais périlleuse pour la croissance sont connus, mais aucun ministre, n'avait exprimé aussi clairement ses craintes d'une telle situation.

Le gouvernement n'a aujourd'hui d'autre choix que de dire la vérité car il s'agit de faire accepter des coupes budgétaires sans précédent, alors que le chômage continue d'augmenter, 39.000 personnes ayant perdu leur emploi en mars, premier mois d'application de la réforme du droit du travail, selon les services du ministère de l'emploi, quand le jour même où les chiffres du chômage étaient publiés, l'exécutif annonçait que le financement des politiques pour l'emploi serait réduit de 21,3 %.

D'après les détails du budget, les ministères verront leurs dépenses baisser de 16,9 % en moyenne.

Cependant ce chiffre cache d'importantes disparités entre certains ministères qui devront accepter une baisse de 43,6 %, alors que d'autres verront leurs efforts limités à 4,3 %.

Le Ministre des Finances a déjà annoncé ses priorités: « le déficit, tout le déficit, rien que le déficit ».

Ce sera la rigueur ou la faillite.

Jean Marc SÁNCHEZ - Avocat aux barreaux de Paris et Madrid - AGM avocats-abogados