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Les sites internet des cabinets d'avocats

Communication
Outils
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Avant, les magasins avaient des vitrines, les sociétés avaient leurs plaquettes et leur rapport annuel, les cabinets d’avocats avaient tout au plus quelques documents de présentation... maintenant tout le monde a un site Internet et ce n’est pas un choix, c’est une obligation.

Internet n’est pas qu’un nouveau support. Ce n’est pas une alternative au papier. C’est un nouveau dialogue entre le propriétaire du site ou son administrateur et le monde extérieur qui inclut aussi bien des clients, des prospects, des anonymes, des internautes égarés...

En ne dérogeant pas à leur conservatisme, les avocats n’ont pas été des pionniers s’agissant de leurs sites Internet. De nombreux cabinets se sont résolus avec réticence à accepter la nécessité d’une présence sur la toile et les premières versions de leurs sites n’étaient rien d’autres que quelques phrases de présentation collées sur un écran.

Les temps ont rapidement changé et les outils actuels permettent à tous de créer des sites plus attractifs, plus riches, plus conviviaux avec des moyens toujours plus abordables. Le moment était donc venu pour regarder mais aussi analyser une sélection représentative de sites Internet de cabinets d’avocats.

Nous avons décidé, sans complaisance, de donner notre avis sur ce qui fonctionne et ce qui fonctionne moins bien. Le site Internet fait maintenant partie
intégrante de l’identité d’un cabinet et plus aucun avocat ne peut se permettre d’en négliger l’apparence, le contenu ou les fonctionnalités.

LES GRANDS CABINETS NE FONT PAS NECESSAIREMENT MIEUX QUE LES PLUS PETITS

Alors qu’ils disposent de moyens considérables, les grands cabinets n’ont pas le monopole des sites innovants. Serait-ce de la présomption de penser qu’un cabinet devenu incontournable a moins besoin de se mettre en valeur sur son site ?

Non seulement, les clients veulent que leurs avocats se présentent sous leur meilleur jour mais ils s’attendent aussi à ce que le site Internet d’un grand cabinet soit une source intéressante d’informations, conviviale et agréable à utiliser.

Le site de Jones Day (www.jonesday.com) est un exemple d’une présentation fonctionnelle consistant avant tout à fournir une énumération des domaines de compétences du cabinet, une énumération de communiqués de presse ainsi que la liste des avocats composant le cabinet. Cette présentation a le mérite d’être exhaustive mais elle ne rend pas forcément justice à la diversité, la richesse et l’expérience des talents des 2.400 avocats implantés dans 32 bureaux qui composent ce cabinet. Chez Clifford Chance, (www.cliffordchance.com), c’est la dimension mondiale du cabinet qui est mise en avant par une carte du monde et la phrase « Clifford Chance is one of the world’s leading lawfirms ». Confronté à son gigantisme, il est sans doute difficile pour le cabinet d’identifier et de choisir des particularismes ou des traits spécifiques du cabinet qui permettraient de mettre en avant des éléments qui créent une différence. Les grands cabinets ne devraient peut-être pas chercher à ce que leur site embrasse tout ce qu’ils sont mais au contraire choisir des points de détails qui attirent et intriguent davantage ?

Avec son style épuré et élégant, Cleary Gottlieb Steen & Hamilton (www.cgsh.com) a opté pour une présentation claire, avec une structure en trois colonnes, agréable pour l’utilisateur. La colonne de gauche est utilisée pour le menu, le milieu pour le texte développé et la colonne de droite contient soit des photos ou encore des phrases fortes mises en exergue pour renforcer le texte en milieu de page. Cette structure de présentation réfléchie et moderne permet au visiteur de retrouver des réflexes de lecture apparentés à ceux de la lecture en mode blog, de plus en plus répandue. Il faut noter que Cleary Gottlieb qui a une histoire particulièrement riche du fait de son implication dans la reconstruction européenne et l’ouverture d’un bureau à Paris dès 1949 a su mettre en avant cette caractéristique en proposant une histoire du cabinet en images sur ces sept dernières décennies avec des portraits et des photos d’archives. Le résultat est réussi.

De ces exemples, nous tirons un premier enseignement. Même s’il y a des idées à prendre chez les uns et les autres, les grands cabinets n’ont pas un avantage
compétitif sur les autres s’agissant de leurs sites Internet. Les outils et les coûts de développement aujourd’hui font qu’un site Internet réussi et performant est une réalité à la portée de la plupart sinon de tous les cabinets d’avocats.

LES NIVEAUX DU MESSAGE IDENTITAIRE

A l’instar de la réflexion que nous avions menée sur l’identité des cabinets d’avocats, la réflexion sur le site Internet doit impérativement
intégrer une réflexion sur le message identitaire. A partir de l’ensemble des informations ou des images que le cabinet va donner sur son site, un portrait du
cabinet doit se dessiner. Il sera évidemment stérile et même contre-productif de rechercher la différence à tout prix sans se soucier du rapport entre cette originalité et l’identité du cabinet. De même, il sera tout aussi contre-productif de diluer son message par l’imitation des autres parce que le cabinet aura voulu être le dénominateur commun de tout ce qu’il aura vu ailleurs.

Le premier niveau du message identitaire sur un site Internet est l’accroche.

Qu’il s’agisse de texte ou d’une accroche purement visuelle, celle-ci doit capter l’attention du visiteur. Il est intéressant de noter que peu de cabinets utilisent les slogans alors que dans tous les autres secteurs économiques, le slogan est l’élément clé de la communication. Certes, chaque cabinet d’avocats aura du mal à faire aussi bien que l’Oréal avec le fameux « Parce que vous le valez bien », mais ce n’est pas une raison de ne pas essayer. Coty Vivant Marchisio & Lauzeral (www.cvml.com) a tenté l’exercice avec succès. Son message sur fond rouge : « Overcoming hostile environments together » est intéressant à plusieurs titres. Le slogan est en anglais ce qui renforce l’identité internationale du cabinet. Le slogan ne parle pas de droit mais de l’intensité de la relation du cabinet et de ses clients dans un environnement hostile. Ce sont les idées de proximité, de solidarité et de force qui sont ainsi mises en avant. Ces mots sont associés à des images de sprinters et d’une terre aride. Dans un registre moins original, l’animation en gros caractères « Esprit d’entreprendre, Vision partagée, Créativité des solutions », sur le site du cabinet Latournerie, Wolfrom & Associés (www.latourneriewolfrom.com) est efficace.

Le second niveau du message identitaire va concerner l’esprit du cabinet. Ainsi, un cabinet qui met en avant ses hommes et femmes en incluant les collaborateurs dans sa présentation avec des photos, au même titre que les associés, véhicule une image positive de respect des individus et de stabilité de l’effectif. La présentation des visages dans une mosaïque comme sur le site du cabinet SBKG & Associés (www.sbkg.eu) donne une image de qualité des rapports humains dans le cabinet et d’esprit d’équipe. Il faut aussi tenir compte du fait qu’un client dont les dossiers sont partiellement ou entièrement traités par des collaborateurs sera content de voir que les visages de ses interlocuteurs sont en ligne avec des photos. S’ils n’y sont pas, il aura au contraire l’impression que ses dossiers sont confiés à des subalternes qui n’ont pas même droit à une existence en ligne.

Chez Lefèvre Pelletier & Associés (www.lpalaw.com), l’accent identitaire du cabinet est mis sur l’actualité. Des horloges indiquent l’heure dans chacun des bureaux
du cabinet et le site est présenté comme le serait un site d’actualités avec la possibilité pour l’utilisateur de récupérer un fil RSS de toutes les news en provenance du cabinet. Le cabinet est en prise avec son temps, il est réactif et disponible pour ses clients. La présence sur ce site d’un Extranet réservé aux clients renforce cette impression de dialogue permanent entre le cabinet et ses clients.

Le détail des domaines d’intervention souvent placé en tête des présentations faites par les cabinets n’arrive en réalité qu’au troisième niveau du message porté
par un site Internet. Il faut tenir compte de cette hiérarchie.

L’IMPORTANCE DE LA NAVIGATION

Un site dans lequel il est difficile de se repérer et de naviguer est un site qu’on quitte. L’utilisateur d’Internet a une patience très limitée. Il ne sera prêt à passer
du temps sur un site que s’il y recherche quelque chose dont il a impérativement besoin... et encore. Autant une navigation sur un site peut être une expérience enrichissante et agréable, autant un site mal conçu engendre très vite l’exaspération.

La règle primordiale est que l’utilisateur doit pouvoir à tout moment revenir à l’accueil et, où qu’il se trouve dans le site, il doit avoir accès à un menu clair et compréhensible. Certains cabinets ont, par exemple, choisi des options de navigation très frustrantes. Il n’y a pas d’entrée commune dans le site mais une entrée par les différents bureaux du cabinet dans le monde entier. Cette absence d’accueil commun contraint l’utilisateur à une navigation tortueuse et frustrante mais, plus grave, donne l’impression que le cabinet lui-même est structuré de façon étrangement compliquée (... ce qui n’est évidemment pas le cas !).

Un exemple de navigation réussie avec des menus agréables (menus cachés) et des effets visuels réussis (superposition de photos) est le site du cabinet Reinhart Marville Torre (www.rmt.fr) même si ce site fait la petite erreur très répandue d’ouvrir son site sur une page blanche sur laquelle il n’y a que le logo du cabinet et le choix de la langue Français / English. Il est plus agréable et plus percutant d’ouvrir sur une vraie page d’accueil avec une langue par défaut que l’utilisateur peut modifier en fonction des choix qui lui sont proposés.

Enfin, dans les fausses bonnes idées, il est devenu très fréquent d’ouvrir son site avec une animation Flash que l’utilisateur a la possibilité de couper pour entrer directement dans le site. Il faut savoir que la quasi-totalité des utilisateurs cliquent sur « skip » pour passer l’introduction. N’énervez pas vos visiteurs avec des introductions longues et inutiles.

LA FIN DE LA TECHNOLOGIE COMPLIQUEE

Il y a quelques années, il était aussi compliqué que couteux de créer un site Internet agréable. Maintenant, les compétences se sont généralisées et surtout les outils libres (logiciels Open Source) sont devenus si complets et si faciles à utiliser que tout le monde peut faire un site de qualité. Il faut ajouter à ce phénomène que la culture et les habitudes des internautes ont aussi massivement évolué, créant à la fois de fortes attentes que des mécanismes comportementaux dont il faut tenir compte.

Ainsi, il est maintenant facile d’intégrer des contenus video, des fils RSS et des outils qui ouvrent des possibilités nouvelles et très riches pour tous les cabinets d’avocats. Wilson Sonsini Goodrich & Rosati (www.wsgr.com) est le cabinet d’avocats emblématique de la Silicon Valley. Son site offre la possibilité de suivre l’actualité du cabinet et l’actualité du droit par l’envoi de liens au moyen du système Twitter. Il propose également une bibliothèque entière de formations vidéo en ligne réservées à ses clients... les possibilités sont devenues considérables. Ce qui a totalement changé au cours des dix dernières années c’est que les nouveautés ne sont plus réservées à une élite mais sont accessibles à n’importe qui.

Les cabinets qui s’interrogent sur l’opportunité de moderniser leurs sites ne doivent plus hésiter. Tout est devenu beaucoup plus simple qu’à l’époque où les premières versions de ces sites ont été mises en ligne. Si votre prestataire Internet vous dit le contraire, changez-en.

Cette démocratisation des outils s’est accompagnée d’une éducation accrue des utilisateurs. Ceux-ci se sont habitués à des présentations efficaces, claires et lisibles. Ainsi, la présentation de type blog est sûrement celle qui s’est le plus généralisée au cours des trois dernières années. Elle peut facilement être adaptée pour un site de cabinet d’avocats. Par ailleurs, certains cabinets ont choisi le blog comme outil de communication. Ceci présente l’avantage d’une grande souplesse car le blog est alimenté au fil de l’eau d’informations de toute nature, exemple le blog du cabinet Redlink accessible sur le site www.redlink.fr.

CONCLUSION : LES RECETTES D’UN SITE REUSSI

Le site réussi serait donc un cocktail de tout ce qui a été évoqué ci-dessus. A titre d’exemple, le site du cabinet Soulez Larivière et Associés mérite le détour (www.soulezlariviere.com). Dans son site, le cabinet Soulez Larivière ne se présente pas, il se raconte : le site se lit comme un livre et s’effeuille comme un album photo. Les avocats se présentent en répondant à des questions. En quelques secondes, le site parvient à communiquer la personnalité du cabinet et ses différences. En plus de cela, la navigation est simple avec des menus verticaux et horizontaux qui permettent de se repérer facilement. La lecture est aisée avec une structure de page de type blog. Le cabinet peut être visité, son mobilier et ses oeuvres d’art appréciées... le site est une réussite remarquable. Le cabinet crée la différence, véhicule une image de culture et d’ouverture d’esprit sans jamais que son originalité ne vienne porter atteinte à l’image de sérieux, de compétence et de professionnalisme... et le tout en parfaite symbiose avec le medium Internet. Il faut pouvoir se repérer à tout moment. Inspirez-vous de ce qui se fait de mieux.


En conclusion, les recettes suivantes ont toutes les chances de contribuer à la réalisation d’un site qui fasse honneur au cabinet : penser au message identitaire en communiquant sur la spécificité et le détail, ne pas hésiter à recourir aux slogans, faire vivre un site en l’animant et en l’actualisant (citer une conférence à laquelle on a participé en 2005 ne fait jamais bon effet), partager l’information avec le visiteur, montrer tous les hommes et les femmes qui font le cabinet, tester la navigation pour qu’elle soit naturelle et intuitive... ce sera un bon début.