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Elections au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris : interview de Noémie Saidi-Cottier et Joseph Bréham

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Le Monde du Droit a interrogé Noémie Saidi-Cottier et  Joseph Bréham, candidats au Conseil de l'Ordre du barreau de Paris.

Pourquoi vous présentez-vous ?

Il est de plus en plus compliqué d’être avocat.

Le service public de la Justice est en danger et l’Ordre a besoin d’être fort et uni pour demeurer. 

Le Barreau connait une période de morosité qu’il ne faut pas sous-estimer. Combien de talents verrons-nous encore quitter la robe ?

Pressions sur le secret, tensions avec les magistrats, austérité, menaces sur notre système de retraite, suspicion généralisée : notre profession est menacée, et ce d’autant plus que les réformes législatives prennent une direction préoccupante.

Engagés dans le contentieux des droits humains depuis que nous avons prêté serment, nous sommes opposés à la déjudiciarisation à outrance et exigeons au contraire davantage de magistrats, plus de contacts humains, moins de visioconférences, des fonctionnaires pour enregistrer les plaintes de nos clients et des femmes et des hommes pour trancher leurs litiges !

Les tensions entre magistrats et avocats doivent s’apaiser, ne serait-ce que dans l’intérêt d’une bonne justice. Nous ne transigerons pas pour autant avec le respect dû à la Défense, même lorsqu'elle nécessite la rupture, mais souhaitons multiplier les rencontres pour que le fossé cesse de se creuser.

Le secret est la pierre angulaire de notre profession : l’Ordre ne doit tolérer aucune entorse au secret professionnel.Nous nous battrons pour ne plus être indûment écoutés, suspectés, fouillés, perquisitionnés ou stigmatisés alors que nous sommes dans l’exercice de nos fonctions.

Et parce que la défense des plus démunis est au cœur de notre engagement, nous veillerons au respect des droits fondamentaux, pour une justice incarnée et humanisée, soucieuse des droits de la défense et de la protection des plus faibles.

Quels sont les principaux axes de votre programme ?

Les candidats ne se présentent pas avec un programme : il s’agit de la compétence exclusive du Bâtonnier, au service du programme duquel se mettent les membres du Conseil de l’Ordre.

Il est donc de bon aloi de se présenter au Conseil avec des valeurs et des idées, sur lesquelles il faut s’engager à ne pas transiger.

Si nous sommes élus, nous y serons particulièrement attentifs.

Nos objectifs sont clairs :

  • Ré humaniser la profession, en travaillant notamment à apaiser les tensions entre avocats et magistrats
  • Protéger notre secret professionnel
  • Soutenir tous les avocats
  • Faire de la confraternité et du respect de la déontologie une priorité
  • Réconcilier les avocats avec l’Ordreen le rendant plus transparent et plus accessible
  • Promouvoir les Droits humains partout où les libertés publiques sont menacées
  • Ancrer l’égalité entre les avocates et les avocats
  • Accompagner les mutations de la société 
  • Renforcer la formation etdéfendre les collaborateurs
  • Se faire entendre des pouvoirs publics

Quels sont les dysfonctionnements à l’Ordre et que proposez-vous comme solutions ?

Notre credo nous conduit à rechercher des solutions à la fois innovantes et concrètes, qui ne nécessitent ni débauches de moyens ni révolution permanente.

L’Ordre représente à la fois une protection et des règles, principalement liées aux principes de confraternité et d’humanité. En pratique, l’Ordre est donc à la fois le bouclier qui nous défend et l’épée qui peut s’abattre, dans l’intérêt de la profession. Trop éloigné des avocats, l’Ordre n’est souvent plus perçu que comme l’épée.

Nos expériences personnelles nous ont pourtant conduit à percevoir le caractère protecteur de l’Ordre et nous voulons partager ces expériences avec nos confrères, pour qu’ils n’hésitent plus à le saisir en cas de difficultés.

La question de l’éloignement entre l’Ordre et les avocats qu’il représente ne peut être isolée de celle du sentiment d’entre soi et d’impunité que l’on s’en fait.

Ce sentiment conduit les avocats à se désintéresser des affaires de l’Ordre, qui les concernent pourtant au premier plan.

Pour l’éviter, l’Ordre doit veiller au respect des textes relatifs aux incompatibilités, sanctionner ceux qui transgressent les règles et promouvoir l’exemplarité : intransigeance, respect entre les avocats, égalité femmes-hommes, rendre publics ses rapports et plus généralement rendre des comptes de ce qui s’y passe.

L’Ordre doit donner envie. Pour cela, ses membres doivent être accessibles à tous et le conseil doit devenir un réflexe pour avocats en difficulté.

Qu'avez-vous de plus que les autres candidats ?

Nous sommes indépendants et n’aurons de comptes à rendre qu’à nous-mêmes et aux confrères qui nous auront fait confiance.

Nous ne voulons pas être déconnectés des difficultés du Barreau et souhaitons être au plus près de nos confrères et de leurs attentes.

Nous nous connaissons bien : nous avons souvent travaillé ensemble sur des dossiers de droits de l’Homme en pro bono si bien qu'aujourd’hui nous souhaitons nous investir, ensemble, pour les avocats. 

Enfin, nous sommes sincèrement déterminés et avons de l’ambition pour cette profession qui nous a fait rêver et que nous aimons profondément.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier)